Théâtre musical

 

        Orphée=Eurydice, création 2006, photo Agnès Renaud

ORPHEE=EURYDICE, ou le voyage d'un dormeur aux enfers

 

Premier poète, premier chanteur à succès, Orphée descend aux Enfers pour retrouver Euridyce. Il y rencontre le gardien des lieux, qui lui propose un marché de dupes… Vingt-six siècles plus tard, Orphée reprend sa quête le temps d'une nuit,en empruntant le corps d'un dormeur. Mais pour retrouver Euridyce, son « âme secrète », il doit affronter son vieil ennemi Hadès, et obtenir les faveurs des trois Parques, qui fabriquent, tissent et coupent le fil de la vie… A partir de la célèbre fable mythologique, adaptée entre autres pour l’opéra par Gluck et Monteverdi, et au cinéma par Jean Cocteau, Laura Desprein crée un spectacle musical troublant et décalé, une aventure onirique menée tambour battant. On y trouve des chansons originales, des tirades sur un mode de mélopée, des comédiennes chanteuses clamant leur texte comme des divas, un Hadès tout droit sorti d’une opérette d’Offenbach, et un Orphée aussi charismatique qu’un chanteur de rock, aussi charmeur et roublard qu’un crooner des années 50. Dans le théâtre grec des origines, certaines déclamations étaient à la fois parlées et chantées. Dans Orphée=Euridyce, chant, musique,  texte et jeu d'acteur fusionnent joyeusement, de manière à ce que le spectateur soit emporté, sans savoir où s’arrête le théâtre et où commence le chant. (vous pouvez visionner l'abum photos à droite dans le menu)

Extrait du texte "Orphée=Eurydice", de Laura Desprein, écrit en résidence d'auteur au Centre National des Ecritures Contemporaines de Villeneuve-Lès-Avignon.   


"Je suis Orphée,

Perdu entre votre passé

Et mon présent.

Je suis piégé par vos légendes.

Mon histoire vous impressionne ? Vraiment ?

Mais je ne suis qu’une marionnette

Qu’on habille selon les circonstances.

Si vous me voulez pauvre, je le suis ;

Si vous me voulez riche, je le suis ;

Je peux être aussi beau ou laid, à votre convenance.

N’hésitez pas,

Ouvrez un livre !

Vous verrez mon nom :

Ainsi vous croirez me connaître,

Non ?

Mais que saurez-vous de mon errance dans vos songes,

Que saurez-vous de la douleur qui m’envahit chaque fois que vous écrivez mon nom ?

Savez-vous que votre curiosité sans bornes fait de moi un sombre fantôme,

Un pauvre ectoplasme sans cesse éclaté entre dictionnaires, livres d’écoles, partitions ?

Orphée murmure et chantonne, comme saoul. Le chœur se tait.

Comme ces étoiles mortes

Qui dans votre ciel brillent encore

Je claque dans votre souvenir comme un néon usé.

Il me faut la nuit pour dormir,

Et redevenir un homme libre !

Un petit tas d’os et de poussière depuis longtemps dispersé !

Orphée crie, à nouveau doublé par les voix chantées.

Je veux

Ne plus être !

Je veux revenir à la terre, je veux renaître en chien, en arbre ou en je ne sais quoi,

Mais ne plus être Orphée, ce barde d’opérette fardé comme une vieille,

Ne plus être ce chanteur ridicule, ne plus porter jupette,

Ne plus charmer des sirènes improbables

En compagnie d’un Ulysse aussi usé que moi !

Essoufflé, épuisé, il parle. Le chœur se tait.

Je ne veux

Plus que toi, Eurydice." 



Coproduction Hélianthe/Théâtre de Vienne-Scène conventionnée, avec l'aide de la DRAC Rhône-Alpes et de la Spedidam



Avec : Ivan Gouillon, Jacques Pabst, Barbara Galtier, Eve Guerrier, Nicole Mouton, Laura Desprein
Costumes : Armindo Portas
Son : Olivier Carrara
Lumières : Jérôme Donabédian
Texte et mise en scène : Laura Desprein

 

   
Affiche : Isabelle Fournier

 
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